Chemin de croix

Jean Hey, Ecce Homo1ère station

Jésus est condamné à mort

Pilate proclame : « Voici l’homme ! »

L’espace étroit de ton corps a suffi, Seigneur Jésus, pour que s’y imprime le renversement inouï, l’inversion inimaginable : l’homme devenu juge de son Dieu. Le néant s’exaltant au-dessus de la plénitude. L’Amour non-aimé, honni, réprouvé, l’Amour condamné par les bien-aimés.

Vraiment, tu es un Dieu qui se cache, Seigneur… Seigneur, pourquoi es-tu pour nous un Dieu tellement caché ?…

Ouvre les yeux de notre foi, que nous puissions te trouver là où tu restes pour nous tellement caché. Cache nous, Jésus, dans le secret de ta Face, et enseigne-nous à te trouver caché.

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2ème station

Jésus est chargé de sa croix

Cette poutre qu’on impose sur tes épaules, nul ne l’impose à tes épaules. C’est toi qui, secrètement, t’en empares. Toi qui déjà, secrètement, par la vertu de ta grâce, commences à en faire jaillir, pour nous, la Vie.

Jésus, nous sommes dans l’ignorance quand nous portons nos croix comme des idoles de bois. Aussi, lorsque tu nous invites à porter avec toi ta croix, que ton Esprit généreux nous soutienne, et que l’hysope de ton amour nous purifie. Alors la joie d’être sauvés nous sera surabondamment rendue. Et vivante sera notre vie de ta seule et vivifiante Vie.

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Jésus tombe pour la première fois

Quel Dieu est grand comme toi, Seigneur, renversé, affaissé aux pieds de ta créature ?

Apprends-nous, le chemin du relèvement. Vers toi peuvent revenir, sans honte, nos cœurs égarés : ils ne seront pas humiliés.

Fais-nous revenir à toi, Seigneur, et par la puissance de ton Esprit, nous reviendrons.

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4ème station

Jésus rencontre Marie, sa Mère

Les épaules chargées du pesant fardeau de son troupeau égaré, Jésus rencontre sa mère : « Femme, voici ton Fils, et avec moi, les enfants que le Père m’a donnés. Tout ce qui est à moi est à toi. Bientôt, tiens ils seront. »

Marie, ton amour de Mère n’est pas fugitif. En présence du Soleil sans déclin, ton amour ne s’évanouit pas comme la rosée qui naît de l’aurore et s’évapore.

Mais comme une huile qui s’épanche, tu laisses descendre sur toi la douceur du Nom de Jésus. Et à l’ombre de ce grand Soleil de ta vie, tu poursuis dans l’obscurité de la foi, la route vers le Père.

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Simon de Cyrène requis pour porter la Croix avec Jésus

– « Qui es-tu Seigneur, pour faire ainsi irruption dans le cours de ma vie ?

Et qui suis-je, bousculé à tes côtés sous cette charge écrasante, à l’encontre de ma volonté ?

Oui, Seigneur, je connais mon péché. Ma faute est toujours devant moi. Contre toi seul, j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je le reconnais, c’est bien moi qui l’ai fait. Mais… que puis-je pour toi  Seigneur ? Tu sais l’infinie faiblesse de toutes mes forces ! »

– « Simon, crois seulement ! Je veux au fond de toi la vérité. Dans le secret je t’apprendrai la sagesse. »

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6ème station

Une femme essuie le visage de Jésus

– « Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur ! Je le pressens au fond de mon être, je le vois de mes yeux en cette heure, sous les traits de ton Visage brûlé par la douleur. Tu es le Seigneur ! Il n’en est pas d’autre !

Si je voulais, pour mon soulagement, offrir un sacrifice, mourir pour Toi, tu n’accepterais pas. Le sacrifice qui te plait, c’est un cœur blessé du désir né de Toi seul.

Crée en moi ce cœur pur, Ô mon Dieu. Ne me chasse pas loin de ta face ».

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7ème station

Jésus tombe pour la deuxième fois

– « L’heure est venue pour moi de mettre la bouche dans la poussière. Ecrasé sous le faix trop lourd de cette poutre que j’ai désirée, me voici culbuté à vos pieds. L’angoisse m’étreint, qui pourra me relever ? Je croule sous le poids immense de vos humanités désorientées, vos humanités qui ne s’élancent plus vers le Père.

« Qui me voit, voit le Père ». Je vous le redis encore à présent. Vivant à vos côtés, je n’ai pas parlé, caché quelque part dans l’obscurité de la terre, je ne vous ai pas dit : « Cherchez dans le vide ». Non, je vous ai dit : « Qui me voit, voit le Père ». N’avez-vous pas souvent croisé mon regard, entendu ma voix ? Mais vos yeux n’ont pas vu. Vous n’avez pas compris. Vous n’avez pas voulu ?…

Tournez-vous vers moi en cette heure, tous les lointains de la terre, gardez confiance et vous serez sauvés.  »

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Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

– « Femmes, pourquoi pleurez vous ? Qui cherchez-vous ? Un Dieu puissant, qui d’un geste de la main anéantirait devant vous Pilate, Hérode et César ? Ne le savez-vous pas ? Ne l’avez-vous jamais entendu dire ? N’avez pas encore compris ?… Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit crucifié et, le troisième jour, il ressuscitera.

Avec ma Mère, vous aussi vous aurez beaucoup à souffrir. Mais ne craignez pas. Ma Vie habite votre vie. Les entrailles de mon Père habitent vos entrailles de mères. Vous êtes l’espace de ma joie, l’espace que l’Esprit s’est choisi entre tous, pour mettre au jour une multitude de fils de la lumière. Soyez sans crainte, n’ayez pas peur. Votre attente ne sera pas déçue. »

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Jésus tombe pour la troisième fois

– « Abba ! Père ! Plus que la bouche, c’est mon âme qui est collée à la poussière. J’avance dans le noir. Vois mes ennemis si nombreux, la haine violente qu’ils me portent. Incessante est ma douleur. Elle me ronge les yeux, la gorge et les entrailles. Je reste sans appui. Et pourtant appuyé.

J’ai devant les yeux ton amour, je marche selon ta vérité. C’est pourquoi, sous mes pieds, le terrain reste sûr. J’avancerai sans faillir vers l’autel de ma joie, pour dire à pleine voix l’action de grâce, et rappeler tes innombrables merveilles. Ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »

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Jésus est dépouillé de ses vêtements

– « Amis, entre vos mains, je remets ma vie. Plante chétive et desséchée dont l’apparence n’a rien pour vous plaire. Exposé nu sous vos regards, raillé par vos bouches, : Je Suis. C’est bien moi.

Je suis le Seigneur. De Dieu juste et Sauveur, pas d’autre que moi. »

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Jésus est cloué sur la croix

– « Et maintenant, Père, mon cœur est troublé et que dirai-je ? Eloigne de moi cette coupe ? Mais c’est pour cette heure que je suis sorti et venu dans le monde…

Père, détourne ta face de leur faute. Enlève tout leur péché. Ils danseront pour toi, les os qu’ils sont en train de broyer… »

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12ème station

Jésus meurt sur la croix

Devant toi, Seigneur, tout notre être se prosterne, et nous nous taisons. [Bref silence]

De tes lèvres closes désormais, de ton cœur ouvert, sort la parole que rien n’arrête. Jusqu’à toi peut venir tout homme qui s’enflammait contre toi : toujours il trouvera grâce, toujours il retrouvera vie. De ta croix jaillit pour toujours, la vie qui jamais plus ne pourra mourir.

13ème station

Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère

Jésus, tandis que tu reposes entre les bras de ta Mère, nous aussi reposons avec toi.

Penchée sur ton Visage elle contemple ta Face, dénuée de toute vie. Le cœur broyé, c’est ta mort qu’elle voit, et la nôtre. Mais son espérance inentamée ne vacille pas : c’est la Vie qu’elle appelle et qu’elle attend. C’est pourquoi poursuivant sa route, doucement, elle descend avec toi aux profondeurs de l’abîme. Elle chemine à l’obscur, très humble épouse du Dieu vivant, vers le lieu où tu demeures. Suspendue à toi, portée par toi, jusqu’à l’heure de ton bon plaisir.

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Jésus est mis au tombeau

Ni l’amour des saintes femmes, ni les bras de ta Mère ne t’ont retenu, Seigneur, car tu n’es pas encore monté vers le Père, et contrairement à ce que voient nos yeux, ta course n’est pas encore achevée.

Jésus, nous t’adorons, reposant sur la roche nue du sépulcre neuf. La puissance des ténèbres n’a pas eu de prise sur toi, aussi, avec Marie, nous espérons. Avec Marie, nous attendons l’heure de ta grâce. Sur la tour de guet, à notre poste de garde, nous veillons. Pour la cause de Sion, et pour la nouvelle Jérusalem, nous ne voulons avoir de cesse que ton Juste ne monte comme l’aurore, que notre Sauveur ne brille comme la flamme.

Il vient, son retour est proche.

L’Esprit et l’Epouse disent : « Viens ! ». A leur voix nous joignons notre voix : « AMEN ! Viens Seigneur Jésus  ! »

Auteur : une carmélite. 2016.

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