Dieu le Père fait de nous des Fils

Cadeau incroyable : nous avons été adopter par Dieu pour devenir des fils et des filles. Si Dieu est Père, il ne l’est pas à la manière humaine. La première caractéristique d’un fils c’est qu’il lui appartient d’obéir à son père, c’est-à-dire de l’écouter. Cela a été vrai pour le Christ dans son humanité comme le rappel la lettre aux Hébreux : « il a appris, bien qu’il fût Fils,  l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. »  L’obéissance ne supprime en rien la liberté et la conscience personnelle  mais elle oriente vers une attitude de disponibilité. Elle nous fait reconnaître que nous sommes dépendant du Père. L’obéissance d’un fils ne se vit pas dans la contrainte mais dans la confiance. En fait la reconnaissance de notre filiation et de notre dépendance confiante à Dieu a été l’objet de la tentation originelle. C’est cela que Satan remet en cause dans son dialogue avec Eve et que nos premiers parents refusent. Ils veulent être INDEPENDANT de Dieu. Le Christ est celui qui nous remet dans cette relation avec le Père. En vivant lui-même, dans sa chair et par sa Passion, c’est obéissance plénière. « Père, non pas ma volonté mais la tienne… » L’autre conséquence de notre filiation, c’est la fraternité qui existe entre tous les hommes, puisqu’ils sont fils d’un même Père. Dans notre prière, nous disons : « Notre Père qui êtes aux cieux…», et c’est en vivant en frères que nous découvrons la paternité de Dieu. Cela implique beaucoup de choses, comme l’amour mutuel, le refus du mépris et de la domination des uns sur les autres, le dialogue avec les autres religions, etc… Tout le Nouveau Testament reviendra sans cesse sur cette évidence, « si quelqu’un dit j’aime Dieu et qu’il déteste son frère, c’est un menteur. » Jn 4,20. Mais le chrétien n’est donc pas seulement frères de tous les hommes parce que notre Père est unique. Il doit apprendre à être frère à la manière de Jésus. Or, Jésus a exprimer cette fraternité avec nous en donnant sa vie pour nous et en pardonnant à ses ennemis. Cela veut dire que la Croix est et sera toujours planté au coeur de la fraternité et implique l’amour de l’ennemi. Nous avons à imiter le Christ pour vivre nous-même en fils. Jésus est l’envoyé du Père, c’est-à-dire qu’il a une mission à accomplir que l’on découvre tout au long de l’Evangile.

Etre fils dans le Christ signifie que nous avons à poursuivre en son Nom, cette même mission. La mission du Christ se poursuit par et dans l’Eglise qu’Il fonde. Nous avons donc nous-même à prendre place dans cette Eglise au nom de ce qui fait de nous des fils, c’est-à-dire notre baptême. Jésus n’a repoussé personne mais Il a été principalement vers ceux que l’Evangile appelle  »les pauvres » : les malades, les enfants, les pécheurs publics, les petits…

Etre fils de Dieu implique d’avoir la même attitude. Le Christ, lors de son dernier repas, a symbolisé sa mission en lavant les pieds de ses apôtres et nous a commandé de faire de même. Le service mutuel est donc lui aussi une conséquence de la fraternité humaine. Cela veut dire aussi qu’il n’y a plus de séparation entre les hommes et entre les peuples. Ce qui est une des grandes originalités de la foi chrétienne : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » dira Paul aux Galates.

Il ne faut pas limiter la paternité divine de la paternité humaine, et de la paternité masculine.
Dans la Genèse « lorsque Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu.» Gn 5,1. Cela veut dire que la paternité et la maternité humaines nous disent ensemble, quelque chose de la paternité divine. Dieu est en quelque sorte Père et Mère. « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point. Voici, je t’ai gravée sur mes mains » dans le livre Isaïe.

Credo du 03/01/2017 – Mgr Jean-Marie Le Vert.

 

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