Elargir nos horizons

Lorsque nous avons le courage de prendre de la distance, du recul, en toute liberté de conscience, sans appui ni béquilles, nous sommes alors en mesure d’écouter, au fond de soi le silence. Un silence qui n’est pas un vide, mais un silence vivant, habité. Nous créons ainsi les circonstances pour écouter la musique silencieuse, comme dirait Saint Jean de la Croix, qui se joue tout au fond de notre âme : Dieu nous donnant la vie. Nous pouvons alors entendre la Parole qui se dit au cœur de notre âme.

Notre perception étriquée s’élargit, un peu comme un chien qui serait libéré de la laisse qui le retient depuis trop longtemps à trois mètres du piquet, et qui découvre la liberté. La découverte d’un monde beaucoup plus vaste qu’on l’imaginait, beaucoup plus riche, un monde qui semble s’agrandir, un monde où d’autres valeurs se révèle à nos yeux, à notre cœur sincère éperdu d’amour. On peut ainsi approcher l’amour de Dieu, ce Dieu qui nous attend dans la simplicité, un Dieu transcendant et pourtant tout proche, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes, un Dieu d’une patiente et d’un amour déconcertant. A l’heure où la planète produit de façon suicidaire des gaz à effet de serre risquant notre disparition humaine, nous produisons nous aussi, par notre trop grand désir d’arriver à Dieu par nos propres moyens en admirant des idoles, par l’orgueilleuse force de nos petits poignets, nous produisons des « gaz à effet de serre » qui nous masquent de plus en plus la lumière de Dieu. Notre volonté, notre détermination, qui sont des valeurs certes louables, notre désir égocentrique d’avoir la main sur Dieu, nous conduisent à une impasse existentielle qui fait le jeu du Malin. Respecter notre liberté de penser et avoir l’audace d’y recourir dans le respect de notre âme est toujours un pas vers Dieu.

Par J.C.D.

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