Fenêtre ouverte sur l’Eucharistie, source de vie

J’attribue ma conversion à l’oeuvre de la Bienheureuse Marthe Robin. Dans ce grand chambardement des années 68 et celles qui ont suivi, j’ai cru que la foi devait être modernisée, que l’Eglise agonisait et qu’il fallait du nouveau. C’est ainsi que j’ai ouvert la porte au Malin, ses suggestions se sont infiltrées, ont progressé, m’ont envahi comme de la mauvaise herbe. Elle n’a pas réussi à tout étouffer, à quoi cela tient ? A l’Eucharistie, « c’est l’invention de l’Amour : si tu as faim de me recevoir, Moi aussi, j’ai faim d’être reçu. J’ai tant de joie à descendre en chacun de vous » (1)

Déjà dans ma famille, j’avais entendu parlé de Marthe Robin, mais le mystère de cette vie a juste caressé mon esprit si jeune. Plusieurs années plus tard, elle réapparait dans ma vie, parce que « le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va »Jn 3:8. Je lis son histoire et son expérience mystique et là, « je tombe à genoux dans mon coeur » comme le dit si joliment Tim Guenard. Je suis bouleversée à un endroit précis : je suis devant l’immensité d’Amour du mystère Eucharistique mais aussi devant mon inculture chrétienne, mon péché de m’être coupée de cette source de vie et ma pauvre foi.

Marthe a vécu cinquante ans en ne se nourrissant que de l’Eucharistie chaque semaine et elle dira  en 1958 : « L’hostie me procure une impression physique de nourriture. Jésus étant tout mon corps, c’est Lui qui me nourrit. C’est comme une Résurrection ». Mais alors, les paroles de Jésus dans l’Evangile deviennent une réalité : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.

Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.»Jn 6:54-55. Jésus s’est réellement fait nourriture pour nous, une nourriture donnée par Dieu aux hommes afin qu’ils vivent de Lui. Alors, toute falsification de l’Eucharistie, qui semblent avoir lieu dans certaines pratiques non chrétiennes, ne pourrait-elle pas annihiler ce Don divin et devenir poison ?

« Et en vous nourrissant de ce pain, Je deviens vous-mêmes. Ma chair, réellement présente dans ce pain, se mêle à votre propre chair et devient indiscernable de vous. Et ainsi se réalise, de façon merveilleuse, cette unité entre vous et Moi, unité qui déjà existe à la racine de votre être créé, mais qui, maintenant, est en entre vos mains, sous vos yeux, et mieux que cela, dans votre propre bouche. » (1) Jésus vient réellement habiter en nous. Alors, toute contre-façon de l’Eucharistie ne pourrait-elle pas signifier un refus de L’accueillir et de Le rencontrer ?

 

PadréPio

« Quand tu assistes à la Messe, concentre-toi tout entier sur le terrible Mystère qui se déroule sous tes yeux

: la Rédemption de ton âme et la Réconciliation avec Dieu… » Saint Padre Pio

Donc, « ce n’est pas seulement en mémoire de sa mort que Jésus institua l’Eucharistie ; non, c’est pour rester tout entier avec nous, tout entier et pour toujours. » (2) « Divine Eucharistie… Jésus en moi ! Le coeur de mon Dieu bat dans le mien ». Marthe Robin vit donc les écritures : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » Jn 6:56. « Chaque communion est une transformation ». Elle reçoit un jour ces paroles de Jésus alors qu’elle communie : « Je viens chez toi, je viens en toi ». Le Christ lui annonce qu’il vient l’améliorer, l’éclairer, la rendre meilleure… Par l’Eucharistie, Jésus nous transforme. Saint-Augustin disait à ceux qui allaient communier : «Recevez ce que vous êtes, et devenez ce que vous recevez !  » Autrement dit, vous qui allez recevoir le corps du Christ, rappelez-vous que vous êtes, par votre baptême, membres de ce même corps. Le corps du Christ est un corps livré, donné. Ce n’est pas un corps que l’on prend, c’est un corps que l’on reçoit. Alors, toute parodie de l’Eucharistie ne pourrait-elle pas être une mise en avant de sa propre personne et bloquer les grâces dont Il veut nous combler ?

Fréquemment, comme en témoigne le Père A. : « Je fus très ému de voir l’Hostie se détacher de mes doigts, pour entrer elle-même dans la bouche de Marthe.» (8) Mais alors, la présence réelle du Christ dans ce petit morceau de pain, n’est pas qu’un dogme, dont il est aujourd’hui de bon ton d’en faire une invention humaine et donc plus douteuse que d’inspiration divine. Marthe avait un tel sens de cette présence qu’un jour, à l’arrivée du prêtre, elle lui dit : « Jésus n’est pas là ». Après vérification, il avait en effet oublié de mettre une Hostie consacrée dans la custode. « Après la consécration, le bon Dieu est là comme dans le ciel !… Si l’homme connaissait bien ce mystère, il mourrait d’amour. Dieu nous ménage à cause de notre faiblesse… » (3) « C’est toute l’Essence divine que vous recevez en ce très doux Sacrement, sous cette blancheur du pain. Diviserait-on l’hostie en mille et mille miettes s’il était possible, en chacune je suis encore, Dieu tout entier, homme tout entier, comme je t’ai dit … » (4) La consécration par un prêtre est réelle, le pain et le vin deviennent vraiment le Corps et le Sang du Christ. Alors, toute usurpation de cette consécration ne pourrait-elle pas être une mascarade ?

« A chaque communion pas faite, nous mettons Jésus en faim d’amour de telle ou telle âme. » La communion : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang répandu pour vous. » Répandu veut dire pour tous, pour tout le monde, « Prenez et buvez-en tous, mon Sang versé pour vous, puis répandu pour vous ». (5)

Mais alors, « J’ai soif » sur la croix, ne serait-ce pas une soif d’âmes ? « Contemplez Jésus cloué sur la croix, mourant, et entendez sa voix à peine perceptible : «J’ai soif» (Jn 19,28). Aujourd’hui, le Christ répète son appel et revit les tourments de son agonie en nos frères les plus pauvres. » (6)

C’est ce qui inspirera Mère Teresa dans sa lettre de Varanasi : « Tant que vous ne savez pas au plus profond de vous que Jésus a soif de vous, vous ne pouvez pas savoir qui il veut être pour vous. Ou qui il veut que vous soyez pour Lui. » Jésus a soif de chacun d’entre nous, « et pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre » (Ps 69,22).

« Un grand mystère s’accomplit pendant la sainte messe. Avec quelle piété devrions-nous écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que Dieu accomplit pour nous à chaque messe et quel don Il y prépare pour nous. Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d’un tel don. » (7) Mais alors Jésus renouvelle sa Passion, sa mort et sa Résurrection à chaque messe pour se donner à nous. Et durant toutes ces années, à travers la Bienheureuse Marthe Robin, Saint Padre Pio, Sainte Faustine et tant d’autres, Jésus revit en communion avec eux, sa Passion, sa mort et sa Résurrection. « Ma vie est une messe continuelle. Je n’ai jamais l’impression que mon lit est un lit, c’est un autel, c’est la croix. » « Marthe ne se referme pas sur les grâces extraordinaires qu’elle reçoit dans l’Eucharistie. Elle communie pour porter à Dieu toutes les détresses humaines. » (8) Jésus poursuit-Il son oeuvre de Rédemption ? Alors, galvauder l’Eucharistie, ne pourrait-il pas contrecarrer l’oeuvre rédemptrice de Jésus-Christ et avoir des conséquences sur notre salut ?

 « La première annonce de l’Eucharistie a divisé les disciples, tout comme l’annonce de la Passion les a scandalisés : « Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l’écouter ? » (Jn 6, 60). L’Eucharistie et la croix sont des pierres d’achoppement. C’est le même mystère, et il ne cesse d’être occasion de division. « Voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jn 6, 67) : Cette question du Seigneur retentit à travers les âges, invitation de son amour à découvrir que c’est Lui seul qui a « les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68) et qu’accueillir dans la foi le don de son Eucharistie, c’est l’accueillir Lui-même. » (10)

C.H.

  • 1- Jésus à Soeur Josepha Menendez
  • 2- Sainte Angèle de Foligno (1248-1309), Visions et Instructions, ch. 67.
  • 3- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d’Ars.
  • 4- Jésus à Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), Le Dialogue (trad. Hurtaud, 1931, t.2, p. 4-5)
  • 5- Marthe Robin Ce que Marthe leur a dit , conversations inédites (Ed.de l’Emmanuel p.43)
  • 6- Message de Saint Message de Saint Jean Paul II pour le carême en 1993
  • 7- Sainte Faustine (1905-1938), Petit Journal, n°913-914, Parole et Dialogue.
  • 8- La vie de Marthe Robin, Bernard Peyrous, ch X,VI et III
  • 9- Carnets du Père Faure, 20 janvier 1930
  • 10- Catéchisme de l’Église catholique (1336)

Pour approfondir sur KTO-La Foi prise au Mot : L’Eucharistie – : https://youtu.be/yT9vGkun8hc

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