LA SPLENDEUR DE LA VÉRITÉ

Veritatis splendor

Extrait 32 à 37 de le lettre encyclique de Saint Jean Paul II du 6/08/93

LA SPLENDEUR DE LA VÉRITÉ se reflète dans toutes les oeuvres du Créateur et, d’une manière particulière, dans l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26)…

Dans certains courants de la pensée moderne, on est arrivé à exalter la liberté au point d’en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C’est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d’instance suprême du jugement moral, qui détermine d’une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l’affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu’il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d’un critère de sincérité, d’authenticité, « d’accord avec soi-même », au point que l’on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral.

Comme on peut le saisir d’emblée, la crise au sujet de la vérité n’est pas étrangère à cette évolution… On a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d’agir en conséquence. Cette vision ne fait qu’un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à  »sa » vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l’individualisme débouche sur la négation de l’idée même de la nature humaine…

 

 

Face à nos contemporains qui « estiment grandement » la liberté et qui la « poursuivent avec ardeur », mais qui, souvent, « la chérissent d’une manière qui n’est pas droite, comme la licence de faire n’importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal », le Concile présente la  »vraie » liberté : « La vraie liberté est en l’homme un signe privilégié de l’image divine. Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil (Si 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. » S’il existe un droit à être respecter dans son propre itinéraire de recherche de la vérité, il existe encore antérieurement l’obligation morale grave pour tous de chercher la vérité et, une fois qu’elle est connue, d’y adhérer…

Nous lisons dans le livre de la Genèse : « Le Seigneur Dieu fit à l’homme ce commandement :  »Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort ». » Gn 2, 16-17

Par cette image, la Révélation enseigne que le pouvoir de décider du bien et du mal n’appartient pas à l’homme, mais à Dieu seul. Assurément, l’homme est libre du fait qu’il peut comprendre et recevoir les commandements de Dieu. Et il jouit d’une liberté considérable, puisqu’il peut manger « de tous les arbres du jardin. » Mais cette liberté n’est pas illimitée : elle doit s’arrêter devant « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », car elle est appelée à accepter la loi morale que Dieu donne à l’homme… Dieu qui seul est bon connait parfaitement ce qui est bon pour l’homme en vertu de son amour même, il le lui propose dans les commandements…

Il est absolument nécessaire de clarifier, à la lumière de la Parole de Dieu et de la Tradition vivante de l’Eglise, les notions fondamentales de liberté humaine et de loi morale, de même que les rapports profonds qui les lient étroitement.

 

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