La Vérité a un nom et un visage

Cet essai apologétique et volontiers polémique est l’œuvre d’un catholique sans complexe. Contrairement à tant d’intellectuels qui ont honte aujourd’hui d’avouer leur foi, Vittorio Messori apporte la vigueur et la rigueur de ses convictions. Sous la forme d’un libre entretien avec le journaliste Michele Brambilla, l’auteur s’interroge sur les raisons de croire dans un monde athée et agnostique où la foi est réduite à un illuminisme et à un moralisme d’un autre temps. La force de ce témoignage est de revenir aux questions élémentaires et de retrouver ainsi les sources vives de la foi catholique: quel est le sens de l’univers sans Dieu ? Quel est le sens de la vie personnelle face à la mort ? A quoi cela sert-il de croire et d’aller à l’église ? Pouvons-nous encore prendre au sérieux  » le scandale et la folie  » de la vérité chrétienne ? Vittorio Messori veut oser une foi catholique inquiète, paradoxale, à contre-courant de la théologie et de la pastorale dominantes, de « l’œcuménisme sentimental » et du « catholicisme à la guitare ». Il réhabilite enfin, contre le sentiment contemporain de l’absurde, le sens du mystère au fondement d’une foi qui ne s’oppose pas à la raison mais va au-delà.

Vittorio Messori est journaliste.

Il a travaillé longtemps au quotidien italien La Stampa et a collaboré à de nombreux magazines et revues. Il est l’auteur avec Jean-Paul II de l’ouvrage Entrez dans l’Espérance (Pion-Marne) traduit en cinquante-trois langues.

 

 

 

 

 

Extrait :

« Pour tenter de comprendre qui est notre Dieu et ce qu’il veut, nous devrons recourir à la « loi du et-et ». Toute la foi est fondée sur le paradoxe de « l’union de deux contraires » pour reprendre les mots de Pascal. Ce paradoxe qu’est le christianisme (« scandale et folie » pauliniens que nous connaissons) se base sur le paradoxe de binômes de réalités semblant inconciliables et qui doivent pourtant coïncider dans une tension dialectique permanente, est d’ailleurs tout à fait cohérent.

Pour le catholique, Dieu est Un et Trois ; Jésus est vrai Dieu et vrai homme ; l’Eglise est le corps mystique du Christ et une institution humaine ; elle est visible et invisible ; en elle coïncident la liberté et l’obéissance ; la Bible qui comprend l’Ancien et le Nouveau Testaments, est le fruit de l’inspiration divine et d’une rédaction humaine ; l’homme est composé d’une âme et d’un corps, d’esprit et de matière ; Marie est vierge et mère ; le Credo prend sa source dans l’Ecriture et la Tradition ; le salut se rejoint par la foi et les oeuvres ; le pape et les évêques ; le clergé et les laïcs ; la foi s’appuie sur la raison et la révélation ; pour en approfondir le sens nous avons besoin de la théologie et de la philosophie, donc de Jérusalem et d’Athènes ; il est nécessaire de  »comprendre pour croire » et de  »croire pour comprendre » ; dans la foi, la lumière et les ténèbres cohabitent, la certitude et le pari ; la condition humaine est marquée par le péché et guérie par la rédemption ; dans le futur de chaque homme, il y a la mort et la résurrection ; il y a en Dieu à la fois la justice et la miséricorde ; la Hiérarchie est appelée au faste liturgique et à la pauvreté personnelle ; il y a des anges bons et des anges mauvais (les démons) ; le paradis et l’enfer, le droit canon et la prophétie… On pourrait allonger la liste. Il n’existe pas d’aspect de la foi et de ce qui en dérive qui ne soit basé sur ces réalités contradictoires, même si ce n’est pas toujours facile à vivre. Ce Dieu semble avoir voulu nous donner la lumière et les ténèbres, des raisons pour le reconnaître et d’autres pour en douter ; il s’est révélé en Jésus et en même temps s’est voilé ; il a permis que son Eglise soit sainte et pécheresse. En fin de compte, le catholique est appelé partout à réaliser une union des paradoxes. »

 

 

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