LE SALUT PAR LA FOI

23EXTRAIT DE LA LETTRE ENCYCLIQUE
LUMEN FIDEI  (La Lumière de la Foi) DU PAPE
FRANÇOIS – 29 juin 2013

19 – Ce que saint Paul refuse, c’est l’attitude de celui qui veut se justifier lui-même devant Dieu par l’intermédiaire de son propre agir. Une telle personne, même quand elle obéit aux commandements, même quand elle fait de bonnes oeuvres, se met elle-même au centre, et elle ne reconnaît pas que l’origine de la bonté est Dieu. Celui qui agit ainsi, qui veut être source de sa propre justice, la voit vite se tarir et découvre qu’il ne peut même pas se maintenir dans la fidélité à la loi. Il s’enferme, s’isolant ainsi du Seigneur et des autres, et en conséquence sa vie est rendue vaine, ses oeuvres stériles comme un arbre loin de l’eau. Saint Augustin s’exprime ainsi dans son langage concis et efficace : « de celui qui t’a fait, ne t’éloigne pas, même pour aller vers toi ». Quand l’homme pense qu’en s’éloignant de Dieu il se trouvera lui-même, son existence échoue (cf Lc15,11-24). Le commencement du salut est l’ouverture à quelque chose qui précède, à un don originaire qui affirme la vie et conserve dans l’existence. C’est seulement dans cette ouverture à cette origine et dans le fait de la reconnaître qu’il est possible d’être transformés, en laissant le salut opérer en nous et rendre féconde notre vie, pleine de bons fruits. Le salut par la foi consiste dans la reconnaissance du primat du don de Dieu, comme le résume saint Paul : « Car c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est don de Dieu. » (Ep 2,8)

20- La nouvelle logique de la foi est centrée sur le Christ. La foi dans le Christ nous sauve parce que c’est en lui que la vie s’ouvre radicalement à un Amour qui nous précède et nous transforme de l’intérieur, qui agit en nous et avec nous. Cela apparaît avec clarté dans l’exégèse que l’Apôtre des gentils fait d’un texte du Deutéronome, exégèse qui s’insère dans la dynamique la plus profonde de l’Ancien Testament. Moïse dit au peuple que le commandement de Dieu n’est pas trop haut ni trop loin de l’homme. On ne doit pas dire : « Qui montera au ciel pour nous le chercher ? » ou « Qui ira pour nous au-delà des mers nous le chercher ? » (cf. Dt 30, 11-14). Cette proximité de la parole de Dieu est interprétée par Paul comme renvoyant à la présence du Christ dans le chrétien. « Ne dis pas dans ton cœur : Qui montera au ciel ? Entends : pour en faire descendre le Christ ; ou bien : Qui descendra dans l’abîme ? Entends : pour faire remonter le Christ de chez les morts » ( Rm 10, 6-7). Le Christ est descendu sur la terre et il est ressuscité des morts ; par son Incarnation et sa Résurrection, le Fils de Dieu a embrassé toute la marche de l’homme et demeure dans nos cœurs par l’Esprit Saint. La foi sait que Dieu s’est fait tout proche de nous, que le Christ est un grand don qui nous a été fait, don qui nous transforme intérieurement, nous habite, et ainsi nous donne la lumière qui éclaire l’origine et la fin de la vie, tout l’espace de la marche de l’homme.

21- Nous pouvons ainsi comprendre la nouveauté à laquelle la foi nous conduit. Le croyant est transformé par l’Amour, auquel il s’est ouvert dans la foi, et dans son ouverture à cet Amour qui lui est offert, son existence se dilate au-delà de lui-même. Saint Paul peut affirmer : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20), et exhorter : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ! » (Ep 3, 17). Dans la foi, le « moi » du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre, et ainsi sa vie s’élargit dans l’Amour. Là se situe l’action propre de l’Esprit Saint. Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, ses sentiments, sa disposition filiale, parce qu’il est rendu participant à son Amour, qui est l’Esprit. C’est dans cet Amour que se reçoit en quelque sorte la vision propre de Jésus. Hors de cette conformation dans l’Amour, hors de la présence de l’Esprit qui le répand dans nos cœurs (cf. Rm 5, 5), il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur (cf. 1 Co 12, 3).

60- Tournons-nous vers Marie, Mère de l’Eglise et Mère de notre foi, en priant :

Ô Mère, aide notre foi !

Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.

Eveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.

Aide-nous à nous laisser toucher par la foi.

Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.

Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.

Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.

Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton fils, notre Seigneur !

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *