O MON DIEU, TRINITÉ QUE J’ADORE

Il s’agit d’une prière, qu’Élisabeth de la Trinité a écrite apparemment d’un seul jet, au terme d’une retraite communautaire, donc d’un temps de mise en présence de Dieu résolument intense. Elle l’a écrite un jour précis, le 21 novembre 1904, autrement dit pour la fête de la présentation de la Vierge Marie, date à laquelle les Carmélites renouvelaient leurs voeux religieux.

Elisabeth a gardé cette prière pour elle seule, et on ne l’a retrouvée qu’après son décès, (le 9 Novembre 1906) dans ses papiers.

Cette prière est un dialogue d’amour, la flamme ardente d’un Je, Élisabeth, qui s’adresse à un « Tu », Dieu.

La Bienheureuse Élisabeth de la Trinité sera canonisée le 16 octobre 2016 à Rome.

O MON DIEU, TRINITÉ QUE J’ADORE,

Aidez-moi à m’oublier entièrement

pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité.

Que rien ne puisse troubler ma paix,

ni me faire sortir de vous, ô mon immuable,

mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère.

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.

Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour,

je voudrais être une épouse pour votre coeur,

je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer. . .jusqu’à en mourir !

Mais je sens mon impuissance

et je vous demande de me «revêtir de vous-même»,

d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme,

de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi,

afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre vie.

Venez en moi comme adorateur, comme réparateur et comme sauveur.

ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter,

je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous.

Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances,

je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière;

ô mon astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ö feu consumant, Esprit d’amour,

survenez, en moi, afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe :

que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère.

Et vous, ô Père, penchez vous vers votre pauvre petite créature,

«couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

Ö mes trois, mon Tout, ma Béatitude,

Solitude infinie, immensité où je me perds,

je me livre à vous comme une proie.

Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous,

en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

http://carmel-flavignerot.fr/carmel-flavignerot/elisabeth

http://carmel-morlaix.catholique.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1615&Itemid=27

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *