Pour vivre l’année de la miséricorde…

AnnéeMisericorde

Franchir la Porte… et vivre le chemin du Jubilé.

Franchir la Porte

Nous franchissons un certain nombre de portes dans notre vie quotidienne : porte de l’appartement ou de la maison pour entrer chez nous; porte de notre chambre pour être tranquille ; porte de l’école, du club de foot, portes de la ville.

Franchir la Porte Sainte n’est pas franchir une porte ordinaire : cela peut changer le sens et la valeur de chaque porte traversée par notre vie.

La Porte qui s’ouvre en ce nouveau Jubilé est le signe d’une porte qui nous a été grande ouverte par le Christ et qui est toujours ouverte pour nous, car Il est en définitive le coeur ouvert du Père : “Moi, je suis la porte des brebis” (Jn 10, 7). Grâce à Lui et à travers Lui nous pouvons voir le visage du Père. Seul le Christ est l’accès à Dieu car c’est Lui “la porte du Seigneur: qu’ils entrent, les justes !” (Ps 117, 20). C’est pourquoi le franchissement de la Porte est une vraie profession de foi: cela signifie confesser, comme Pierre, que Jésus est “le Christ, le Fils du Dieu vivant!” (Mt 16, 16).

“Frappez, on vous ouvrira !” (Mt 7, 7). Non, à présent il n’est plus nécessaire de frapper car l’amour miséricordieux de Dieu s’est désormais ouvert à nos bras, à nos pas, à notre cœur.

A notre baptême (ou quand nous serons baptisés) nous avons franchi la porte de l’église. Nous sommes devenus membres de l’Eglise. Nous appartenons à la famille des chrétiens. Avec les autres baptisés, le Christ nous fait passer de la mort à la vie avec Dieu; avec le Christ, nous quittons la tentation et le péché pour accueillir en nous le pardon, porte pour entrer dans la vie divine. Quand nous franchissons la porte sainte, nous nous rappelons notre baptême.

Et pourtant, pas même une porte ouverte ne suffit si nos pas ne la franchissent pas: l’Année Sainte et le passage de la Porte Sainte sont ainsi le signe de l’appel à notre liberté, à une décision concrète de laisser derrière nous tout ce qui alourdit notre chemin de rencontre avec le Christ. La grâce et la liberté ne s’opposent pas, car c’est précisément la Grâce qui réveille notre liberté et lui donne la possibilité de faire ses pas.

Franchir la Porte Sainte ne signifie pas seulement entrer dans une cathédrale ou une église comme si on entrait dans des édifices sacrés : nous aussi, en Christ, sommes “comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ » (1 P 2, 5). La rencontre avec le Christ, visage miséricordieux du Père, nous ouvre l’accès à l’Eglise, son Epouse, rassemblée par le don de son Esprit.

Après avoir traversé la Porte qu’est le Christ, comment regarderons-nous les autres portes de notre vie? Avec quel esprit et quel cœur nouveau les traverserons-nous ? Aurons-nous aussi le courage de franchir des portes restées jusque-là inaccessibles ?

(Texte du Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle – Conférence des évêques de France)

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