Providence de mon Dieu

Providence de mon Dieu,

il est bon de t’aimer et de t’admirer. D’une clarté infinie, tu sais tout et pourvois au vrai bien. Tu conduis le monde avec sagesse : je t’adore en tout ce que tu proposes et disposes.

Je m’abandonne à toi sans réserve, je remets mon sort entre tes mains.

Je te confie mon âme et mon corps, ma santé et ma réputation, mes biens et mes talents, ma vie et ma mort, surtout le soin de mon bonheur éternel qui ne peut être mieux qu’entre tes mains.

Pourquoi me gouverner encore moi-même, alors que je peux librement me laisser guider par ta Providence paternelle ? Je ne veux plus m’inquiéter inutilement ; mais, ô Père, faisant de mon côté tout ce que tu attends de moi, je confie à ta Providence le succès de mes travaux : je ne veux rien entreprendre sans te l’avoir confié.

J’attends tout de ta bonté et me repose entièrement sur toi ; dans mes épreuves et difficultés, jamais ta Providence ne me fera défaut.

Je te fais confiance : je sais que tu me préserveras des maux que je crains, ou, s’ils surviennent, que tu me donneras de les porter avec patience et amour, changeant ainsi les obstacles en moyens et faisant tout servir au bien dans le Christ.

Avec toi, je ne crains aucun mal, car le péché même ne peut résister à ton cœur miséricordieux. Je resterai persuadé que tu es intimement présent à tout ce qui m’arrive, que tu prends soin de moi comme de ton unique, ton enfant bien-aimé.

Ainsi tranquille sur tout et content de tout, je veux vivre et mourir sous la mouvance et le rayonnement de ta Providence. Au lieu de m’en éloigner ou de la devancer, je veux attendre paisiblement son heure, et, comme un veilleur, La guetter pour la suivre en tout.

Père saint, Présence très bonne, je te rends grâce pour les bienfaits de ton amour envers moi que tu sais si faible ; je te prie humblement et instamment de les continuer.

Conduis mes pas, règle et seconde mes démarches, dispose de moi et de ce qui est mien comme il te plaira, pour ta gloire et notre salut à tous. Amen.

Bienheureux Père Jean-Martin Moye (1730-1793)

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