Une vie consacrée, qu’est-ce que c’est ?

C’est la vie qui, à la suite d’un appel de Dieu, laisse l’Esprit Saint la modeler, la conduire pour être totalement au service du Royaume. Ça ne va pas de soi, comme avec un pilote automatique, on enclenche un bouton et hop… ça marche. Non. C’est un long cheminement, un compagnonnage de Dieu avec nous, c’est une amitié. Dieu n’annule rien de ce que nous sommes mais il veut faire avec ce que nous sommes. Il veut nous aider à devenir ses vrais enfants, pour que nous mettions notre amour, nos forces, nos capacités au service de l’Amour de Lui et des autres.

Originaire de Roumanie, je vis en Suisse depuis treize ans. Après avoir vécu deux ans comme laïque dans la mission des Sœurs au Togo, je suis entrée dans la Congrégation des Sœurs de Saint-Augustin en 2001, à l’âge de 32 ans, pour l’évangélisation par les mass-médias. Ma vocation à la vie consacrée date de 1986, durant les années de communisme. J’avais à l’époque presque 18 ans et j’ai senti la brise légère de la grâce de Dieu qui a commencé à mettre son empreinte sur moi. C’était les années dures de la dictature. Je voyais ma vie comme une offrande de prière, de charité, mais beaucoup en silence, en secret, car le régime communiste n’acceptait pas cela et était impitoyable. J’avais peur, mais je savais que le Seigneur est là. Donc la dimension communautaire était fort intériorisée et moins extériorisée. En entrant dans la vie religieuse, j’ai compris que la vie communautaire est capitale. Donc pour moi chaque jour, c’est une école de vie, de service, d’appel pour qu’ensemble nous soyons le peuple de Dieu.

 

Un autre aspect important, c’est le fait de ne pas bien savoir la langue, de ne pas avoir ses études reconnues, de ne pas avoir tous les droits comme tout Suisse, etc… Cette situation m’a faite solidaire de tout immigré du monde et m’a aidée dans l’offrande de moi pour me mettre au service de l’autre. L’accent est mis sur la personne et pas sur ce qui est accessoire. Cette phrase de Jésus : «  Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » Lc 22, 27 me touche et me donne la force d’avancer sur ce chemin.

Pour toute réalité pour laquelle je me sens faible, incapable au début, il y a en moi comme un moteur qui me met en route pour lire quelque chose à ce sujet, pour essayer de comprendre la situation, de la porter dans le cœur, dans la prière, de partager avec les autres. Et c’est cela être religieuse, porter une maternité d’un autre genre, une maternité de l’humain, de la Vie en servant avec le Seigneur.

Gabriela, ‘’Aimer, c’est tout donner’’

http://vieconsacree.com/soeur-gabriela-enasoae/

Retrouvez le célèbre poème de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, interprété par Sylvie Buisset et la Communauté des Béatitudes. Chanson extraite de l’album « Aimer, c’est tout donner », disponible chez Béatitudes Musique : https://youtu.be/kxygZEbnZjw

 

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